Arras : une citadelle pentagonale du «pré carré»


Arras est une citadelle pentagonale neuve de plaine du premier système.

Construite par Vauban et d’Aspremont entre 1668 et 1672, la citadelle d’Arras faisait partie du "Pré carré", double ligne de villes fortifiées destinée à protéger le royaume contre les invasions venues des Pays-Bas espagnols. Toutefois, sa position fort peu stratégique, car très en retrait, lui valut le surnom de "Belle inutile".

Vauban se servit du Crinchon pour inonder les environs de la citadelle, en optimisant ainsi sa défense. La forme générale de la citadelle, un pentagone à deux portes enveloppant une cour de plan rectangulaire, marque une rupture par rapport à celle de Lille, encore radioconcentrique. Les bâtiments intérieurs conservés sont admirables, notamment les portes et la chapelle, dont la décoration est exceptionnelle.

Besançon : des défenses façonnées par un méandre dominé

 

La citadelle de Besançon est adaptée à un site de méandre dominé. Pour les tours bastionnées, elle fait partie du deuxième système défensif de Vauban.

A l’issue de la première conquête de la Franche-Comté, en 1668, Vauban décide de construire une citadelle sur l’éperon rocheux qui ferme le méandre. Mais en application du traité d’Aix-la-Chapelle (2 mai 1668), les Espagnols réoccupent la province. Ce sont eux qui commencent alors la réalisation de la citadelle à partir des plans laissés par Vauban.

Durant la seconde conquête, en 1674, Vauban dirige le siège de Besançon, puis reprend et complète les travaux engagés par les Espagnols à la citadelle. Il conçoit les tours bastionnées afin d'optimiser la défense de la ville contre un assaut franchissant le Doubs, et fait construire le fort Griffon, deuxième citadelle, sur la rive droite du Doubs.

Les fortifications bisontines sont achevées en 1693, apres vingt ans de travaux. Elles ont couté si cher au trésor royal que Louis XIV aurait demandé si la citadelle n’avait pas été construite en or !

Briançon : la constellation des forts en montagne


Briançon est totalement adpatée au site : les défenses sont étagées et se flanquent mutuellement dans toute la hauteur. 

Le projet de Vauban pour Briançon, à l’intersection des cinq vallées disposées en étoile, consiste à occuper par des forts les hauteurs dominant la ville. Les projets qu’il conçoit ne seront, à l’exception de la rénovation de l’enceinte urbaine, réalisés qu’à partir de 1713. Partant du principe que l’assaillant sera obligatoirement chrétien, Vauban place sa collégiale sur le bastion le plus exposé de la place forte.

L’échelonnement en verticale des défenses urbaines est en rupture avec tout système défensif. 

Camaret-sur-Mer : la standardisation du fort à la mer


Camaret-sur-Mer est une citadelle à batterie basse semi-circulaire et tour de gorge. 

La tour Dorée avait pour mission de participer à la défense du goulet de Brest et de la racine de la presqu’île de Roscanvel, par laquelle l’ennemi aurait pu, en débarquant, prendre à revers les forts défendant la Rade de Brest. Encore inachevée, la tour subit son baptême du feu le 18 juin 1694 : Vauban y brise l’assaut de 147 vaisseaux anglo-hollandais qui tentaient de débarquer.

Admirablement construite, la tour représente le prototype et le plus bel exemple de fort à la mer de Vauban.

 

Citadelle de Blaye / Fort Paté / Fort Médoc : un triptyque verrouillant un estuaire


La citadelle verrouille un estuaire grâce aux ouvrages préexistants de l'enceinte de Blaye, à la tour défensive ovale du fort Pâté, et aux portes et défenses hydrauliques du fort Médoc.

Lorsque Vauban arrive à Blaye en 1685, il trace le plan d’une nouvelle enceinte à quatre bastions, trois demi-lunes et deux portes s’appuyant sur le bâti existant.  Il fait construire un fort carré (le fort Médoc) sur la berge marécageuse de la rive gauche de la Gironde, et un fortin ovale sur l’île du Pâté.

En utilisant la configuration naturelle du site, l’ensemble optimise la défense de l’estuaire. Ces trois fortifications constituent un barrage de la Gironde infranchissable qui, désormais, protège le port de Bordeaux contre les descentes des flottes anglaises et hollandaises.

Longwy : une ville neuve de plateau


Création ex nihilo de Vauban et Choisy en 1679 pour faire face a Luxembourg, conquise six ans plus tard, la ville forme un hexagone posé à la rupture de pente de la vallée de la Chiers, a l’écart de l’ancien château.

Malgré les destructions répétées en 1792, 1815, 1871 et surtout 1914, Longwy a conservé une bonne moitié de son périmètre fortifié à bossage et plusieurs bâtiments militaires, dont le fameux puits de siège, l’église, deux casemates en croix, le magasin à poudre et la boulangerie, qui forment encore un ensemble d’une rare cohérence.

Mont-Dauphin : une ville neuve inachevée en montagne 

Vauban a fait construire ex nihilo, à partir de 1693, cette extraordinaire place forte en haute montagne sur un plateau dominant le confluent du Guil et de la Durance, au débouché de la vallée du Queyras et du col de Vars, voies d’invasion de la Haute Provence depuis le Piemont voisin.

C’est un ensemble remarquable et entièrement préservé, constituant l’archétype de la place forte de montagne  avec son arsenal, ses deux magasins à poudre, ses casernes au rempart et son église inachevée.

Mont-Louis : une citadelle de montagne «clefs en main»


Mont-Louis est une fortification du premier système adapté à la montagne, intégrant un très bel ensemble de bâtiments militaires

Création ex nihilo de Vauban, datant de 1679, comme la citadelle de Longwy, elle vient compléter Villefranche-de-Conflent sur la haute vallée de la Tet, face à l’Espagne. 

Elle est constituée de deux entités imbriquées, la ville et la citadelle, chacune dotée de son église et de son puits ; celui de la citadelle a conservé la grande cage de bois pour le puisage. Si le plan d’urbanisme prévu par Vauban ne sera jamais réalisé, l’ensemble de la citadelle est intact. Elle est constituée d’une enceinte retranchée de bastions, contre laquelle s’appuient les casernes, et d’un grand mur de refend qui la garantit des prises d’enfilade depuis des hauteurs trop proches, comme à Besançon.

Saint-Martin-de-Ré : le plus bel exemple d’un réduit insulaire


Assise sur la côte nord de l’île de Ré, en position centrale pour en former le réduit, Saint-Martin-de-Ré a connu, en 1627, une première forteresse. En 1681, Vauban va en réutiliser l’assiette pour construire une citadelle associée à une enceinte urbaine surdimensionnée afin d'abriter toute la population de l’île avec son bétail.

La citadelle est transformée plus tard en pénitencier. De plan carré, sa porte se situe au nord, ouvrant sur un petit port retranché.

Conservée intact dans son écrin de glacis non urbanisés, Saint-Martin-de-Ré représente un magnifique exemple du premier système de Vauban adapté à un site de plaine, et le plus bel exemple de réduit insulaire.

Saint-Vaast-la-Hougue : des observatoires côtiers


Les deux tours à canon de l’île Tatihou et de la presqu’île de Saint-Vaast, sur la côte nord du Cotentin, sont érigées par l’ingénieur de Combes, de part et d’autre d’une baie qui avait vu l’échouage et l’incendie des vaisseaux français, sans protection lors de la défaite de la Hougue en 1692.

Il s’agit de tours tronconiques à tourelle d’escalier semi-hors-oeuvre contenant la porte. La première est sur deux niveaux, portés par un pilier central, la seconde sur trois niveaux. La plate-forme fait office d’observatoire et de batterie haute contre les vaisseaux.

Villefranche-de-Conflent : le pragmatisme face au terrain contraint

 

Cette citadelle est un fort avancé en montagne, adaptée d’une enceinte médiévale.

Dominée de toutes parts au creux de la vallée encaissée de la Tet, la « petite villote », dont les murailles médiévales s’étirent le long du torrent, est transformée par Vauban en 1679. Il renforce l’enceinte par six bastions équipés de traverses, et le front d’aval par une grotte casematée dans la montagne qu’un escalier souterrain relie a l’enceinte de la ville.

En 1681, il coiffe une avancée de la montagne du Belloc, dominant la ville au confluent du Cady, d’un fort constitué de deux hexagones étagés dans la pente, qui prend par la suite le nom de fort Libéria.

La place forte, bâtie en marbre rose des carrières toutes proches, nous est parvenue dans un excellent état de conversation et d’authenticité, n’ayant été que peu remaniée au XIXe siècle.